• Comment choisir son apn suivant la taille du capteur et pourquoi

    différents boitiers


    Cet article fait suite à deux articles précédents, les complètent et les ré-actualisent. je vous conseille de lire en premier les articles précédents pour mieux comprendre celui -ci.

    Je vous en redonne les liens :

    —-> La taille des capteurs, comment s’y retrouver

    et —-> La taille physique des capteurs


    Il existe plusieurs gammes de boitiers :

    sony-rx100-mkii

    Les compacts
    que j’appelle « compacts classiques » munis de tous petits capteurs, leur objectif est fixe (on ne peut pas changer d’objectif). Ils ne possèdent pas de viseur, seul l’écran permet de visionner la scène. L’écran est également en général fixe. Ils sont pratiques quand on veut avoir tout le temps l’appareil photo avec soi car ils rentrent dans une poche de veste, voire un poche de chemise pour les plus petits.
    Ce sont les boitiers idéaux quand ils sont munis d’un ultra-zoom à large plage focale pour voyager sans s’encombrer d’un sac photo.

    Tailles des capteurs d’appareils photos compacts classiques :

    taille-format-capteur-photo-compacts


    Les compacts « évolués » comme le Sony RX100 ou RX100 II possèdent un capteur 4 fois plus grand qu’un compact classique, ce sont les compacts qui offre la meilleure qualité d’image dans cette gamme d’appareils.

    Les compacts « avancés » très experts, souvent munis d’une optique fixe, on y trouve des compacts avec des capteurs de reflex comme les Sigma DP1 et DP2 avec des capteurs APS-C ou les Sony RX1 et RX1R munis de capteurs Full frame 24×36. Ils ne possèdent pas de zooms, la focale proposée est soit un grand angle soit un objectif standard. En général leur autofocus n’est pas un foudre de guerre. Ils sont avant dédiés à ceux qui prennent le temps de peaufiner leurs réglages avant une prise de vue et sont plutôt dédiés à la prise d’images fixes (monument, paysage, portrait « posé »).
    Ils n’ont pas de viseur ou celui-ci est optionnel.



    Sony rx10

    Les bridges :
    Même si ils tendent à disparaître au profit des hybrides il en existe encore quelques uns.
    Ils étaient jusqu’ici munis du même capteur que les compacts mais sont plus encombrants, parfois jusqu’à la taille d’un reflex. Ils ont l’avantage de proposer un viseur et des réglages plus experts que les compacts classiques. Certains possèdent des écrans inclinables ou même orientables en tous sens.
    Sony vient de sortir un excellent bridge avec un capteur plus grand que celui des compacts classiques. Le Sony RX10 est le seul appareil bridge à fournir un capteur de taille 1 (en 2013).

    Dans les deux catégories compacts « classiques » et bridges on trouve des appareils avec des ultra-zooms. C’est d’ailleurs leur principal avantage. Ils couvrent alors la position du grand angle au gros téléobjectif.



    Panasonic GX7

    Les hybrides :
    Dans cette catégorie on trouve plusieurs tailles de capteurs, mais ils sont toujours dotés toujours d’un capteur de taille supérieure aux capteurs de compacts. Les boitiers  peuvent être de taille très différentes, de l’encombrement d’un compact à celui d’un reflex. Ils disposent en général d’objectifs interchangeables. Ils sont munis ou non d’un viseur. Certains sont munis de capteurs micro 4/3, tandis que d’autres sont munis de capteurs de reflex (APS-C ou plein format full frame 24×36).
    Les hybrides remplacent de plus en plus les reflex.
    Ces boîtiers font le pont entre les compacts et les reflex. La visée peut se faire aussi bien par l’écran que par le viseur quand ils en possèdent un. Dans ce cas le viseur est toujours électronique et permet dès la prise de vue d’avoir un rendu de l’image finale telle qu’elle sera enregistrée sur le capteur. C’est un très gros avantage par rapport au reflex. La qualité d’image est supérieure à celle des compacts et bridges classiques du fait du capteur plus grand. Certains hybrides égalent ou dépasse en qualité d’image les reflex. Leur autofocus est très rapide et permet la saisie de sujets en mouvement Je vais revenir plus loin plus en détail sur la différence des capteurs inclus dans les hybrides.


    Les différents capteurs pouvant être implantés dans un hybride :

    capteurs_hybrides




    Pentax K3

    Les reflex :
    Jusqu’ici c’était les appareils photos qui donnaient la meilleure qualité d’image.
    Ils sont imposants, on ne peut pas les faire entrer dans une poche.
    Ils sont tous à objectifs interchangeables.
    Ils ont tous un viseur. Le viseur est toujours « optique » sur les reflex contrairement aux hybrides. Le viseur optique ne permet pas de voir à la prise de vue le rendu final de l’image sur le capteur. Au travers du viseur vous voyez la scène telle qu’elle vous apparaît à l’oeil nu. Il n’y a qu’à la lecture des images déjà prise que vous pouvez vous rendre compte de la colorimétrie et de la netteté par exemple. 
    Ils sont tous munis de capteurs soit de capteurs APS-C soit de capteur dits full frame (ou plein format) 24×36.
    Le parc optique est plus important et offre plus de choix même si le parc optique des hybrides devient de plus en plus important.


    La visée : 
    Concernant la visée, avec les viseurs électroniques très qualitatifs maintenant, les reflex n’offrent plus beaucoup d’avantage par rapport aux hybrides à part peut-être dans le très haut de gamme full frame (Canon 5D mark II, Nikon D800E) mais au prix d’un encombrement et d’un tarif beaucoup plus importants.

    Avantage des hybrides concernant la visée : les viseurs optiques des reflex ne permettent pas de voir ce qui sera effectivement sur la photo. Même si il y a sur les boitiers reflex experts un bouton de test de la profondeur de champ il vaut mieux bien connaitre son appareil pour avoir une idée du rendu final, on est parfois surpris en rentrant à la maison de voir que la balance des couleurs n’est pas fidèle à ce que l’on a vu. Avec le viseur des hybrides on voit exactement ce qui sera sur la photo : profondeur de champ, rendu des couleurs etc. Avantage donc aux hybrides dont la qualité du viseur augmente sans cesse.

    Avantage du reflex pour la gestion des collimateurs d’autofocus : La plupart des reflex offre la possibilité de choisir l’endroit de la mise au point de façon très précise en choisissant un des collimateurs de mise au point parmi plusieurs, il est ainsi possible de faire la mise au point sur un sujet qui ne se trouve pas au centre. On trouve néanmoins quelques hybrides proposant la mise au point « flexible » qui permet de déplacer le collimateur d’autofocus sur le sujet que l’on désire le plus net.


    Le coefficient multiplicateur, avantage et inconvénients suivant la taille du capteur :

    En ce qui concerne les coefficients multiplicateurs, les gains sont intéressants pour tous les formats.

    Les full frame permettent d’utiliser les optiques à leur focales natives un 24-70 conçu pour le full frame restera un 24-70mm sur un boitier 24×36, il donnera un 36-105mm sur un boitier à capteur APS-C (coef x1.5) et un 48-140 sur un appareil équipé d’un capteur micro 4/3 (coeff x2).

    Le full frame avec cet objectif permettra de prendre des paysages avec alors qu’on sera trop long avec les deux autres boitiers, un avantage donc pour le photographe de paysage pour le grand angle.

    Par contre avec un objectif comme le 100-300 Panasonic conçu pour le micro 4/3 ce dernier deviendra un 200-600mm, là le micro 4/3 et son coeff x2 prend l’avantage pour le photographe animalier ou sportif. Pour un peu plus de 400 euros il aura un 600mm qu’il aurait dû payer près de 10 000 euros chez Canon pour un reflex full frame et au prix d’un encombrement qui n’a plus rien à voir, même si le micro 4/3 avec un télé tel que le 100-300mm ne rentrera pas dans une poche.


    Avantages et inconvénients des différents capteurs :

    Donc avantage pour le full frame pour tout ce qui est grand angle.
    Avantage pour tout ce qui est téléobjectif pour le micro 4/3.
    Au milieu le capteur APS-C qui fait le pont entre les deux.
    Autre avantage du full frame : les tirages en grand format.
    Si vous ne faites jamais tirer vos photos ou si vous n’imprimez pas celles-ci en plus grand que du 30×40, si c’est juste pour les regarder sur l’écran ou sur la télé, ce n’est pas la peine d’opter pour un full frame. Les APS-C et les micro 4/3 rempliront parfaitement leur rôle.

    Autre chose très importance qui différencie ces capteurs : la profondeur de champ (zone de netteté en avant et en arrière du sujet) :
    Le full frame a une profondeur de champ très courte à pleine ouverture, il permet de flouter le fond beaucoup rapidement qu’avec les capteur APS-C et micro 4/3, le portraitiste appréciera de pouvoir faire ressortir son sujet sur un fond très flou et bien fondu, crémeux à souhait. Par contre cette profondeur de champ très courte demandera une mise au point très soignée de la part du photographe, toute erreur de quelques cm dans la mise au point d’un portrait sera catastrophique comme on l’a vu sur certains exemples de prises de vue avec le A7r de Sony. (mise au point sur l’épaule du sujet au lieu d’être sur les yeux du modèle). Le full frame s’adresse en priorité au photographe expert qui aime peaufiner ses réglages.

    Avec le micro 4/3, c’est le contraire, avec sa très grande profondeur de champ, il est très difficile de flouter le fond derrière un sujet avec ce petit capteur aux petites focales, même avec un objectif ouvrant à f/1.7 comme le 20 mm Panasonic équivalent à un 40mm en full frame, à plus d’un mètre du sujet on sera dans le tout net et dans l’impossibilité d’obtenir un fond bien crémeux fondu à souhait. Avantage : même avec une erreur de mise au point de quelques cm, pas hyper précise, le sujet sera toujours net. Autre avantage avec le micro 4/3 on peut se permettre d’éviter de monter en sensibilité en ouvrant plus le diaphragme quand on manque de luminosité. Inconvénient : Avec le micro 4/3 celui qui désire faire ressortir des sujets bien nets sur un fond flou sera obligé de monter en focale au moins à 60mm (équivalent 120mm) et avec un objectif à vraiment très grande ouverture, et qui dit très grande ouverture dit aussi optiques chères. Avantage pour le photographe qui aime prendre des photos instantanées il aura moins à réfléchir pour prendre sa photo. l’appareil permet de prendre des photos sans se prendre la tête pour chaque image. Il convient autant au débutant qu’à l’expert qui lui pourra aussi peaufiner ses réglages si il le désire mais avec moins de risques d’erreur qu’avec un plein format.

    L’APS-C une fois encore fera le pont entre les deux offrant aussi bien la possibilité du tout net que des fonds fondus, lesquels sont beaucoup plus faciles à obtenir avec l’APS-C qu’avec un capteur micro 4/3.

    Ces capteurs ont donc tous leurs avantages et leurs inconvénients.


    objectifs

    Les objectifs

    Concernant les optiques il faut aussi savoir que les optiques doivent correspondre au boitier, on ne peut pas monter n’importe quelle optique sur n’importe quel boitier.
    1) Chaque marque a sa monture d’objectif, il n’est donc pas possible de monter un objectif Olympus sur un Sony Nex 6 par exemple.
    2) Si des optiques dédiées au full frame peuvent être montées sur des boitiers APS-C ou micro 4/3 (mais avec une bague d’adaptation et en perdant tous les automatismes (mise au point autofocus, ouverture et diaphragme), le contraire n’est pas possible, une optique micro 4/3 ou APS-C montée sur un full frame donnera lieu à un énorme vignettage.
    Il vaut donc mieux si on ne travaille pas en tout manuel et que l’on veut pouvoir profiter des modes auto et priorité ouverture ou vitesse employer strictement des objectifs de la marque du boitier. J’insiste là dessus car c’est important.
    Lors de l’emploi de bagues, il faut aussi savoir qu’il faut une bague par marque d’objectif, celui qui veut monter un objectif Voigtlander et un objectif Canon sur son boitier d’une autre marque aura besoin de 2 bagues. Les bagues même si elles ne n’ont pas beaucoup d’épaisseur renforce tout de même l’encombrement.

    Dernière chose concernant l’encombrement : Les objectif du fait de la taille des capteurs beaucoup plus grand des full frame seront obligatoirement plus imposants, puisque leur diamètre doit correspondre à la taille du capteur.


    Résumé concernant les capteurs :
    Full frame : Utilisation des optiques à leurs focales natives, un grand angle reste une grand angle.
    Utilisation de la profondeur de champ pour isoler un sujet de son environnement.

    APS-C : le meilleur des deux mondes, on perd un peu en grand angle mais on gagne côté télé.
    On garde la possibilité de travailler facilement sur la profondeur de champ.

    Inconvénients de ces deux là : des optiques forcément souvent plus imposantes qu’avec un micro 4/3.

    Micro 4/3 : Pardonne plus les erreurs, compacité, intéressant en faible luminosité car il permet d’ouvrir plus le diaph pour éviter de monter en sensibilité. Optiques moins encombrantes. Coefficient x2 qui permet d’avoir de gros télés sans y mettre des fortunes. Inconvénient : beaucoup plus difficile d’obtenir des fondus onctueux derrière un sujet bien net quand on veut jouer sur la profondeur de champ.


    Prise en main

    Une dernière chose sur la prise en main : Si vous avez de grandes mains il vaut mieux ne pas opter pour un boitier trop petit si vous souhaitez utiliser des objectif un peu importants. Si le RX100 de Sony est un excellent compact, la prise en main n’est pas idéale, vu la taille du boitier on se demande parfois où placer ses doigts. Reste que le boitier étant équipé d’un petit zoom ça reste relativement confortable. Mais avec un Panasonic GM1 le problème va se poser si vous lui greffez un gros télé, c’est d’ailleurs pour ça que Panasonic propose un grip optionnel car la tenue en main va devenir plus difficile avec un objectif plus lourd.
    Par contre les Nex de Sony même si ils ne sont pas beaucoup plus gros offre déjà une tenue en main nettement meilleure avec des objectifs imposants comme le 18-200mm.
    Il faut donc aussi penser aux optiques que l’on montera sur le boitier avant de se décider.
    Je pense qu’opter pour un Panasonic GM1 c’est vouloir jouer avant tout sur la compacité et le poids, donc avec un choix judicieux d’objectifs (pancake) extra-plats. Si c’est pour monter dessus un gros zoom on perd l’atout de l’extrême compacité et il vaut mieux opter pour un GX7 ou un OM-D EM en micro 4/3 ou un Sony ou un Fuji en APS-C et pour le Sony A7r en plein format.


    Le piège des appareils à optiques interchangeables :

    Au départ on veut un boitier léger et de faible encombrement. On l’achète souvent avec un zoom assez polyvalent, mais… après on se dit que tel objectif ce serait pas mal pour compléter notre équipement… alors on se laisse tenter… puis c’est bien d’avoir acheté un télé mais il me manque un hyper grand angle… alors on l’achète… puis tiens la macro j’aimerai bien…et finalement au lieu d’avoir un encombrement minimum… on se retrouve à porter un sac à dos ;-)

    Alors vous me direz a quoi ça sert d’avoir un appareil à objectif interchangeable si ce n’est que pour avoir un seul objectif ? Evidemment je vous comprends, mais il faut savoir résister au chant des sirènes. L’idéal est d’avoir un objectif polyvalent et deux autres optiques fixes de qualité et de s’arrêter là en ayant bien pesé le pour et le contre en se posant la question : En ai-je vraiment besoin ?

    Autre chose importante : Si possible prendre le boitier en main (même si vous ne l’achetez pas dans ce magasin). Un appareil photo et surtout un hybride de petite taille c’est un peu un copain qui va vous accompagner partout, il est important qu’il y ait un certain feeling entre lui et vous, c’est comme quand vous achetez une robe ou un pantalon, si vous ne vous sentez pas bien avec, ils resteront dans le placard ! ;-)

    Faites le bon choix, de toute façon tous ces appareils délivrent d’excellentes photos.

    J’émets cependant une petite réserve concernant le Fuji Pro One, d’abord c’est un vrai pavé, encombrant et lourd, ensuite même si il délivre des photos magnifiques son autofocus est loin d’être un modèle du genre. C’était le premier hybride conçu par Fujifilm, ensuite est sorti l’X-E1 avec un autofocus déjà bien amélioré, puis ces jours-ci l’X-E2, si vous souhaitez un Fuji c’est sur ce dernier qu’il faut se diriger, Fuji a bien écouté ses clients et leurs revendications et on arrive à un boitier qui est maintenant à sa maturité. le plus : la superbe qualité d’image.

    Un autre réserve cette fois sur les boîtiers Olympus : les menus sont un fouillis pas possible (carrément rebutant même quand on est expert) et une tendance à griller les hautes lumières. Par contre l’autofocus est d’une vitesse remarquable. La stabilisation sur 5 axes des OM-D est remarquable.

    Ce que j’aime chez les Sony : la dynamique et la colorimétrie très fidèle, le rendu des nuances (un délice), mes chouchous en hybrides.

    Ce que j’aime chez Panasonic : L’écran orientable en tous sens du G6 (mais il va bientôt disparaître des ventes), l’ergonomie et les menus super bien fichus la meilleure en ce qui concerne les hybrides (tout le contraire des Olympus). Leur tenue en main très agréable mais ça c’est un question de goût pour chacun.

    N’oubliez pas non plus de consulter le parc optique proposé par chaque marque avant de vous décider.


    La profondeur de champ

    Dans le cas où l’on cherche une faible profondeur de champ le sujet se détache bien net sur un fond flou mais c’est quelque chose que l’on peut aussi obtenir avec un capteur APS-C (ou avec un micro 4/3 mais dans ce dernier cas en étant assez proche du sujet et/ou avec un télé objectif).
    Plus on a un grand capteur plus le flou arrive vite, il faudra donc être très précis dans la mise au point avec un capteur 24×36 si on l’utilise aux grandes ouvertures, pour que le sujet soit bien net et le fond flou. Une erreur de quelques cm dans la mise au point pouvant être fatale.

    Chose qu’il est impossible d’avoir avec les tout petits capteurs de compacts classiques.

    Voir quelques exemples à l’onglet « Sommaire mots barbares », à « La profondeur de champ » ou en cliquant sur :

    —-> La profondeur de champ

    ou comme dans cet exemple de macro que j’avais prise :

    auto


    Le sujet se détache sur un fond parfaitement flou et bien fondu. mais ça ne tient pas spécialement au capteur 24×36, ça tient aussi à l’ouverture de diaphragme et à l’objectif employé.



    Réflexions et précisions sur la taille des capteurs :

    Ce qui me fascine toujours c’est la taille des capteurs, ce qu’on peut leurs faire ingurgiter comme nombre de photosites et la taille des tirages possibles par rapport à la taille de ces capteurs.

    Particulièrement pour les compacts classiques dont le capteur pour un capteur 1/2.3 (il y a plus petit) mesure 6.16mm sur 4.62mm ! C’est minuscule ! Et là dessus on est capable d’engranger 16 millions de pixels et à partir de ces images tirer de belles photos de 30 x 40 cm !

    Cela dit il est évident que sur un plus gros capteur, pour un même nombre de photosites, les pixels seront déjà plus gros ce qui permettra tout de même de faire entrer plus de détails par photosite. Il faut aussi savoir que plus un photosite est de petite taille, moins il sera sensible à la lumière, ce qui implique qu’il captera moins bien dans des conditions de basse luminosité.

    Mais que va induire cette différence de taille ?
    Déjà, par un phénomène d’optique que je vais vous épargner, la profondeur de champ va être bien plus grande sur un petit capteur (pas loin de l’infini pour le 1/27″) que sur un grand capteur. En d’autres termes, très peu de possibilités d’avoir un arrière-plan flou avec le petit capteur.

    Mais ce n’est pas le plus grand problème. Le bruit numérique dans les ombres et la dynamique vont être deux gros handicaps. Avec un réflex numérique de 10 millions de pixels, un tel capteur va avoir des photosites de 6, 1 micromètres contre 1, 8 micromètre pour un capteur 1/2, 7 de compact classique.

    Comment cela va se manifester sur mon image ?
    Un appareil qui a une dynamique courte va avoir tendance à facilement ”cramer ” les ciels (ciel trop clair, presque blanc, voire carrément blanc), alors qu’un appareil avec une dynamique plus large va lui restituer plus fidèlement la couleur bleu d’un ciel et ses nuances. Si l’on résume, toute haute lumière (couleur claire) risque d’être ”cramée”. Un boiter avec un capteur APS-C ou Full frame aura donc nettement moins tendance à crâmer les teintes claires qu’un micro 4/3 ou un compact.

    Pour le bruit numérique, il se verra particulièrement dans les ombres à haut iso. Plus le photosite est petit moins il va recevoir de lumière (effet du tunnel), et plus il risque d’y avoir des parasites qui produisent alors du bruit numérique. C’est pourquoi on peut obtenir des photos bien meilleures à 3200 iso avec un full frame qu’avec un compact dont l’image commence à se dégrader dès 800 iso.

    En plus des problèmes de dynamique et de bruit, on va se retrouver devant un problème d’optique. Si on dépasse les 12 millions de pixels sur un capteur 1/2, 7″ Les photosites seront si petits que la résolution spatiale va dépasser les 270 cycles/mm et, à l’heure actuelle, on ne sait pas fabriquer des optiques avec un pouvoir séparateur aussi élevé.

    Mais cela explique aussi pourquoi Sony a créé la révolution dans le monde des compact avec son RX100 (et RX100 II): le capteur du RX100 est déjà quatre fois plus grand que celui du compact Fuji X10 ce qui explique la meilleure qualité d’image du RX100 par rapport aux autres compacts dits « classiques » équipés de tous petits capteurs.

    On va donc logiquement avoir, plus le capteur sera grand :
    Une meilleure gestion de la profondeur de champ
    Une meilleure gestion du bruit en faible luminosité
    Une meilleure dynamique
    Une meilleure restitution des détails les plus fins.
    Une possibilité de taille de tirages papiers plus importante pour les grands capteurs.

    Cela dit sur une photo en tirage de taille inférieure à 30 x 40 cm hormis pour la profondeur de champ on ne verra pas de différence de qualité entre une photo issue d’un plein format 24×36 et d’un APS-C ou d’un micro 4/3 par exemple. Et en format pour le web (hormis en ce qui concerne la profondeur de champ) entre un compact RX100 et un full frame sauf pour l’oeil exercé qui verra la différence de dynamique mais elle est très bonne pour le RX100 (en basse sensibilité), certains sites l’ayant comparée à la dynamique du reflex full frame Canon D mark III qui est un appareil haut de gamme.


    Et les futurs capteurs organiques ?

    En principe les capteurs organiques permettraient d’avoir avec des capteurs plus petits une qualité d’image supérieure à celle que l’on a avec du full frame. De toute façon ça évolue en permanence et on dépasse à l’heure actuelle largement ce que l’on avait l’argentique, ne fusse que sur les hautes sensibilités.

    Les capteurs organiques vont permettre d’avoir un dynamique pratiquement doublée par rapport aux appareils actuels.
    Il y aura aussi moins de bruit dans les zones sombres des images et moins de parties délavées dans les zones claires.
    Dans le monde réel, cela va se traduire aussi par une reproduction plus précise des couleurs, pas de mélange de couleurs, des options étendues pour la conception d’objectifs, et la possibilité de développer des appareils photos plus petits.

    Les capteurs CMOS organiques peuvent en effet consacrer 100% de leur surface pour capturer la lumière, là où un blindage est nécessaire entre les pixels sur les capteurs actuels. Plus de lumière pour une surface de capteur identique se traduit par une sensibilité augmentée de 20%.

    Le risque par contre c’est que les montures des objectifs ne soient plus les mêmes si les capteurs ont une taille différente, et que la conception des optiques risque d’être revue. Ce qui voudrait dire qu’il faudrait refaire son parc optique entièrement si on achète un boitier contenant un capteur organique. Mais d’ici là on a encore un peu de temps car en principe on ne devrait pas voir ces nouveaux capteurs avant fin 2014 voire 2015.

    Néanmoins cela me fait repenser à Sony (qui a déjà déposé son brevet pour les capteurs organiques il y a plusieurs mois) et a ses dernières innovations, Les A7 et A7R ne sont-ils pas les précurseurs de ces futurs boîtiers puisque le capteur organique permettra d’avoir des boitiers plus petits ? Les optiques conçues alors pour les Sony A7 ont-elles été conçues pour pouvoir s’intégrer sur un futur apn à capteur organique ? On sait déjà que le tirage optique n’est pas le même que les autres objectifs. Sony vient aussi d’annoncer qu’il n’y aura plus d’appareil photos portant le nom de Nex, ça manque de précisions, cela veut-il dire que Sony va arrêter les Nex alors qu’ils se vendent comme des petits pains, ou que seul le nom va changer ???? Est-ce le signe qu’ils vont rapidement être remplacer par des appareils à capteurs organiques ? Dans ce cas arrêter les Nex dès maintenant voudrait aussi dire que la marque n’est pas loin de nous sortir ce type de boîtier très rapidement, on arrête pas un modèle plus d’un an avant l’annonce d’un autre. Et ca m’étonnerait tout de même que Sony sorte des Nex mais sous un autre nom, quel intérêt de changer juste le nom ?

    Ce qui me fait de toute façon me poser des questions, cela vaut-il le coup si on est déjà équipés, de mettre des sommes importantes à l’heure actuelle dans des investissements si c’est juste pour un an ou deux puisque’on ne sait pas quelles seront des compatibilités entre les systèmes d’aujourd’hui et ceux de dans un ou deux ans ?


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