• Diaphotie


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    La diaphotie (usuellement diaphonie ou crosstalk en anglais mais on parle ici de lumière -φως, φωτός en grec- et pas de son -φωνή, la voix-)

    la diaphotie est l’équivalent à l’image de la diaphonie pour le son et constitue une sorte de bruit d’image dû à l’interférence de plusieurs canaux transportant les signaux vidéo. La diaphotie apparaît notamment dans la production d’images en 3D sous la forme d’images parasite.

    Un point dans l’espace réfléchit la lumière dans toutes les directions. Idéalement, ces différents rayons, ou plutôt la portion qui est captée par l’objectif, sont focalisés au même endroit sur la surface sensible. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas, notamment avec les capteurs très pixelisés.

    Donnée n°1 : le redressement opéré par les micro-lentilles n’est pas le même selon l’angle d’incidence du rayon (là, pour simplifier, je raisonne en lumière monochrome mais c’est la même chose pour chaque longueur d’onde) ; plus un rayon est incliné, plus il est dévié (= redressé), à l’inverse un rayon parfaitement orthogonal à la lentille « passe tout droit ».

    Donnée n°2 : ces micro-lentilles sont conçues pour pallier la sensibilité native réduite des petites photodiodes en concentrant le plus de rayons lumineux possible sur la photodiode. Elles sont généralement d’autant plus « agressives » (puissantes) que les photodiodes en ont plus besoin, c’est-à-dire qu’elles sont plus petites. Autrement dit, que le capteur est plus pixelisé.

    Quand :

    - un capteur est très pixelisé, c’est-à-dire dispose d’une réseau très dense de petites photodiodes généralement couplé à des micro-lentilles « puissantes »

    - et que le faisceau de rayons émanant d’un point dans l’espace et capturé par l’objectif comprend à la fois des rayons faiblement et d’autres fortement inclinés, ce qui est le cas avec les objectifs ultra-lumineux,

    on peut aboutir à ce que différents rayons correspondant au même point de la scène photographiée soient dirigés sur des photodiodes différentes, d’où un effet de floutage : un point est rendu par une petite tache. Comme de la coma, mais avec une cause différente : c’est l’environnement du capteur qui « étale » le point et pas l’objectif.

    C’est ça la diaphotie.



    Le phénomène est encore accentué :

    - par le fait que les micro-lentilles ne sont pas les seuls éléments réfringents à s’interposer entre l’objectif et la photodiode, il y a aussi le verre de protection du capteur, le filtre infrarouge, le filtre passe-bas (antimoiré) éventuellement, les filtres colorés de la matrice de Bayer, etc.

    - par les algorithmes de dématriçage et d’accentuation qui privilégient la singularité à l’uniformité (par exemple, un fil électrique sur fond de ciel sera rendu, et même « amplifié », et non pas noyé dans la teinte du ciel).


    Voir aussi (cliquez sur le lien) :

    —–> Diaphotie_3D



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