• Un petit tour à Chartres

    _DSC2605_monument-pasteur


    Bien sûr on ne peut aller à Chartres sans voir la cathédrale mais… en arrivant sur une place je vois un monument qui ressemble un peu à une ancienne fontaine mais sans eau. Je trouve la sculpture très belle et je choisis de vous en montrer d’abord un détail.

    Mais que peuvent bien regarder ces personnages ?


    _DSC2601_monument-pasteur01

    Un simple tondeur de moutons me direz-vous, logique en pleine Beauce, et bien non, vous vous trompez ;-)

    Mais alors de quoi s’agit-il ?

    Il s’agit d’une commémoration de l’action de Louis Pasteur contre la maladie du charbon qui décimait les troupeaux de moutons beaucerons.
    Certes, le chercheur avait bien testé son vaccin en juillet 1881 à Barjouville au Sud de Chartres, mais il ne s’agissait, dans le but de convaincre des paysans réticents ou incrédules, que d’une réédition de sa célèbre expérience initiale en mai-juin de la même année à Pouilly-le-Fort, près de Melun. Il fallait trouver un fait pour lequel la Beauce pût se prévaloir d’une antériorité, ou d’une singularité.
    Et ce fait existe, puisqu’en août 1878, Pasteur et son équipe avait réalisé quelques expériences dans la ferme de M. Maunoury à Saint-Gemain-la-Gâtine, qui lui ont permis des avancées décisives dans sa lutte contre la maladie du charbon, en particulier dans ses modes de propagation. 
    C’est cela que représente ce monument.

    Le monument dans son environnement, malheureusement il y avait bien évidemment un bus garé là qui ne semblait pas vouloir bouger grrrrr. J’ai effacé un poteau de stationnement interdit qui faisait tâche mais je ne pouvais pas oter le car :


    monument-pasteur



    Direction la cathédrale :


    cathedrale_chartres


    En rénovation depuis pas mal de temps, l’extérieur est pratiquement terminé. A l’intérieur il y a des grands échafaudages et sa restauration est loin d’être terminée.

    L’actuelle cathédrale, classée aux monuments historiques et au patrimoine mondial par l’UNESCO est de style gothique dit « lancéolé », elle a été construite au début du XIIIe siècle, pour la majeure partie en trente ans, sur les ruines d’une précédente cathédrale romane, détruite lors d’un incendie en 1194. Grand lieu de pélérinage, elle domine la ville de Chartres et la plaine de la Beauce, se dévoilant au regard à plus de dix kilomètres de distance.

    Une des caractéristiques de la cathédrale Notre-Dame de Chartres réside dans la différence entre ses deux tours :

    La tour Nord a une base de romane avec contrefort épais et ouverture réduite, surmontée d’une flèche flamboyante plus tardive datée du XVIe siècle. En revanche, la tour Sud est surmontée d’une flèche très simple. Cette flèche a fait l’objet de très nombreux commentaires d’artistes et écrivains tellement l’impression de « jaillissement » est frappante.

    Au sommet de la flèche Sud se trouve une lune tandis qu’à celui de la flèche Nord se trouve un soleil.

    Le clocher nord, dit Neuf a contenu six cloches, dont trois bourdons. On peut citer, principalement, Marie et Gabrielle, les plus grosses et les plus anciennes de la cathédrale. On estimait Marie pesant quinze tonnes et Gabrielle dix. Ces six cloches ont été fondues vers la fin 1793 pour fabriquer des canons et de la monnaie de bronze.

    Le clocher comporte actuellement sept cloches :

    • Marie, d’un poids de 6 tonnes, date de 1845 ; elle sonne en Sol.
    • Le Timbre d’un poids de 5 tonnes, seul rescapé des époques pré-révolutionnaires, date de 1520. Il se trouve dans la Lanterne et donne un La, il sonne les Heures.
    • Joseph d’un poids de 2 350 kg date aussi de 1840 ; il se trouve dans la Grande Tour et donne un Si, il sonne en volée.
    • Anne d’un poids de 2 040 kg (1845) se trouve dans la Petite Tour donne un Ré, elle sonne en volée.
    • Élisabeth d’un poids de 1 515 kg (1845) se trouve dans la Petite tour donne un Mi, elle sonne en volée.
    • Piat d’un poids de 870 kg ( 1845) se trouve dans le Petite Tour donne un Fa#/SolB, elle sonne en volée.
    • Fulbert d’un poids de 1 095 kg se trouve dans la Petite Tour donne un Sol, elle sonne en volée.


    On ne peut pas s’appeler Notre Dame de Chartres et ne pas avoir la Vierge qui veille sur la ville entre les deux clochers :


    entre_les_clochers


    Comme je n’avais pas emporté le 18-200mm pour le Sony a6000 cette photo a été prise avec mon « vieux » compact Panasonic TZ10, toujours dans une petite poche de mon sac, en mode priorité ouverture réglée sur f/5, la grande profondeur de champ des petits capteurs de compacts permettant de plus ouvrir le diaphragme qu’avec un capteur de reflex. 80 iso.

    Baissons les yeux pour admirer le portail principal, cette fois avec l’hybride a6000 :



    Le portail royal

    Le portail royal est l’entrée principale de la cathédrale. Il comporte 24 grandes statues (il en reste 19 aujourd’hui) et plus de 300 figures. Le portail royal est antérieur à la reconstruction de l’édifice au XIIIe siècle. Épargné lors du grand incendie de 1194, il date des années 1145-1150. Parvenu pratiquement intact à nos jours, il se compose de trois baies largement décorées et constitue l’un des meilleurs exemples, avec le portail de la basilique Saint-Denis, de l’art du gothique primitif.

    Il était impossible de prendre les portails nord et sud par manque de recul. Avec le 16-50mm monté sur l’hybride Sony a6000, même à 16 mm (équivalent 24 mm), ils ne rentraient pas dans le cadre. C’est dommage car ils sont à mon goût encore plus beaux.


    A l’intérieur de la cathédrale le plus marquant est la « clôture du coeur » mais elle est entourée d’échafaudages et on ne peut malheureusement en voir actuellement qu’une partie. C’est un mur entourant le chœur, destiné à mieux isoler ce dernier du déambulatoire. Entièrement sculpté, il est formé d’un ensemble de 40 groupes totalisant 200 statues. Il est partiellement l’œuvre de Jehan de Beauce qui commença les travaux au début du XVIe siècle. Le programme iconographique est de style renaissance et évoque les épisodes de la vie de Jésus et de la Vierge Marie. Sa réalisation dura près d’un siècle mais le style reste cohérent d’un bout à l’autre de la clôture. L’oeuvre est de taille immense.

    Une des niches non encore restaurée :


    partie de la cloture du choeur


    Il faisait très sombre dans la cathédrale et j’ai dû prendre la photo à 3200 iso au 1/20ème de seconde à main levée. Toujours avec le a6000 et le 16-50mm.

    Les vitraux sont gigantesques et très travaillés mais ils ne m’ont pas séduit plus que ça.

    Je vous ajoute tout de même la rosace sud de la cathédrale mais en si petit on ne voit pas grand chose. Très difficile à prendre car placée très haut. De plus je dois avouer que ma photo n’est pas hyper nette.


    rosace sud


    Cette rosace de 12.90 m de diamètre représente l’Apocalypse et fut offerte par le roi Saint Louis. Elle est en place et visible depuis septembre 2009 après restauration. En dessous se trouvent cinq « lancettes ». Les lancettes sont des vitraux très étroits en forme de lance.

    La cathédrale de Chartres possède le plus important ensemble vitré du 13ème siècle présent dans un même édifice.

    163 verrières subsistent de ce siècle alors qu’il ne reste plus que quatre vitraux du 12ème et 21 autres qui à compter du 14ème siècle ont remplacé ceux du 13ème.
    C’est donc 184 verrières dont 43 roses et 141 lancettes, soient 2600m² de verre qui illuminent la pierre de la nef par des jeux de lumières bleues, or, rouge. 
    158 verrières ont été installées entre 1205 et 1235, c’est à dire en 30 années, ce qui est étonnant compte tenu des moyens matériels existants à l’époque.
    1600 iso au 1/60ème de seconde.


    Le choeur, juste pour vous le montrer car la qualité d’image n’est pas extraordinaire.


    choeur


    3200 iso et 1/60ème de seconde et j’ai dû éclaircir la photo en post-traitement. J’aurai dû prendre le Full frame pour avoir une meilleure qualité d’image.

    En levant la tête on ne peut qu’admirer le travail de rénovation, quand la restauration sera entièrement terminée ce sera magnifique et pour nous les photographes bien plus facile de lui rendre sa beauté :


    transept


    Mais quand même 3200 iso et 1/6ème de seconde ! Merci le stabilisateur !


    Une étrangeté près de l’entrée de la cathédrale : cette porte sublime et cette croix devant apparemment moderne, aucune explication n’est donnée et mes recherches sur le web ne m’en ont pas appris davantage. J’aurai préféré prendre la porte sans la croix mais vous vous doutez bien que je ne pouvais pas me permettre de la déplacer.


    porte_croix


    3200 iso et 1/20ème de seconde


    Nous quittons la cathédrale pour nous rendre rue des écuyers afin de voir l’escalier de la Reine Berthe.

    escalier_reine_berthe


    Quel dommage que la façade de la maison ne soit pas en harmonie !

    Cet escalier tourelle à colombages sculptés est depuis longtemps la principale curiosité de la rue des Ecuyers. Il date du XVIème siècle et est dans le plus pur style renaissance. La maison sur laquelle il est accolé, a longtemps abrité la maison des consuls (de 1560 à 1792). Elle porta le nom de maisons des consuls jusqu’en 1792, époque où elle fut saisie et vendue par l’état. Elle a alors pris le nom de la reine Berthe. Mais qui était Berthe ?

    Il ne s’agit pas de Berthe aux grands pieds, mais de Berthe de Bourgogne. Berthe vécut au Xème siècle. Elle était l’épouse du comte Eude 1er de Chartres (fils de Thibaud le Tricheur). A la mort de son mari, en 996, elle épousa Robert II dit le Pieu alors roi de France. Malheureusement pour le roi et surtout pour Berthe, ce mariage déplut au pape en raison du cousinage. Pour éviter l’excommunication du royaume tout entier, Robert dut répudier Berthe qui s’en vint finir ses jours à Chartres.

    Amusant : sur cette escalier, on peut voir des sculptures de crocodiles et ceux-ci portent des oreilles de lapins ! Un peu trop d’absinthe ? ou envie de sortir des sentiers battus. Je ne les ai pas vus, dommage sinon j’aurai essayé de leurs tirer le portrait ;-)

    En cherchant bien j’ai trouvé ils sont sous les fenêtres du haut de l’escalier, un tout petit crop :


    crop_croco_lapin


    Moi j’aurai pris ça pour un chien ;-)

    Presque en face une jolie maison à colombage :


    maison_colombage


    Chartres comporte un nombre impressionnant d’églises ! Certaines sont belles à l’extérieur mais fermées, une qui m’a bien plu et dans laquelle on peut entrer est l’église saint Aignan.

    L’édifice actuel date du début du XVIème siècle et témoigne d’éléments gothiques, mais surtout Renaissance. L’architecte est peut être le même que celui de l’église de Sainte Foy (également à Chartres), partiellement détruite à la Révolution.

    L’église Saint-Aignan fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques.

    À l’intérieur, les colonnes devaient porter les ogives d’une voûte en pierre. La galerie est du XVIIème siècle, ainsi que la charpente, mais les fresques de l’intérieur ont été ajoutées en 1866. J’aime cette particularité d’être décorée de fresques, ce qui lui donne une certaine originalité.


    eglise_st_aignan


    Celles-ci sont malheureusement en mauvais état et mériteraient vraiment d’être restaurées.

    J’ai aimé aussi cet ensemble de vitraux autour de la statue de la Vierge :


    st_aignan_vierge


    Un des vitraux de cette église d’une époque que j’aime mieux que ceux d’époque précédente :


    vitrail


    La nuit était tombée lorsque j’ai voulu la prendre de l’extérieur :


    eglise_st_aignan_nuit


    Pour la photo suivante les couleurs vont jurer avec la photo précédente mais j’aime bien cette photo, une toute autre ambiance, un lieu peu lugubre quand on remonte dans le passage mais qui a son ambiance bien à lui, j’ai hésité à la traiter en noir et blanc. Je regrette que les lampes aient grillées mais même avec une très bonne dynamique avec un tel contraste il est difficile de faire mieux, j’avais compensé l’exposition de moins 1/3 pour garder un soupçon de forme du lampadaire et j’ai du post-traiter sélectivement le reste de la photo pour lui redonner des détails dans les pierres des murs qui étaient trop sombres du coup mais je n’avais pas le choix :


    tertre_st-nicolas


    3200 iso au 1/5ème de seconde à main levée, toujours avec l’hybride a6000 et le 16-50mm à 16mm (équivalent 24mm).


    Une variante en mode vertical, prise d’un peu plus près et post-traitée aussi au niveau des couleurs et partiellement dé-saturée :


    tertre_st-nicolas verticale


    3200 iso et 1/40ème de seconde, en étant plus près j’avais plus de lumière donc j’ai gagné un peu de vitesse.


    Et voilà ce sera tout ;-)

    J’espère que la promenade vous aura plu.

     

    Photos non libres de droit, vous ne pouvez pas vous en servir sans autorisation écrite de l’auteur.


    2 responses to “Un petit tour à Chartres”


    • Corbes

      Très belles photos. Contrairement à toi, je trouve celles de l’intérieur de la cathédrales très réussies. Bon, mais je n’ai pas l’oeil de la « pro » !

      En passant, tu pourrais peut-être écrire un petit article sur le tout nouveau 40-150 mm f/2,8 constant qu’Olympus vient de sortir pour le format micro 4/3. Il a l’air d’une vraie réussite !

      Simple suggestion ;-)


    • pepite

      Oui j’ai déjà préparé les images de cet objectif, et je comptais justement lui dédier un article… il faudrait des journées de 48 heures ;-)
      Mais ça va venir :-)

      Merci pour les compliments :-)

      … c’est fait pour l’Olympus 40-150mm ;-)


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