• Le chateau de Bois Himont et le chêne millénaire d’Allouville


    chateau-de-Bois-Himont


    Depuis Jumièges je reprends ma route dans cette Normandie qui reste verte malgré la période de canicule. Je suis vraiment surprise de voir que partout tout est vert dans le pays de Caux alors que chez moi tout a grillé à cause de la chaleur et du manque de pluie !

    Je roulais sur une petite route en pleine campagne quand j’ai vu ce château. Je m’arrête un peu plus loin et je reviens sur mes pas. En fait ce chateau est… un gite ! En rentrant à la maison et en cherchant des informations sur le net je verrai que le prix à la nuitée est de… 20 euros par personne ! C’est donné ! Petit hic, c’est un gîte pour groupes donc impossible pour moi d’y passer une nuit dommage. Le chateau peut accueillir 45 personnes. Je ne vous en dirai pas plus mais vous trouverez tous les renseignements sur le web.

    Je prends ma photo et je reprends ma route pour la mer, je traverse une petite ville du nom d’Allouville et soudain encore une surprise, je vois ça :


    Le chêne millénaire d’Allouville


    chene_entier


    On ne peut pas dire que ce soit joli mais c’est curieux ;-)

    Evidemment il est en plein contre-jour, j’ai donc jonglé avec le post-traitement pour rendre la photo à peu près potable.

    Donc, nouvel arrêt. je m’approche, la pancarte indique que ce chêne a… 1200 ans ! :


    panneau


    Je ne sais pas quand la pancarte a été posée mais quand on a 1200 ans, quelques années de plus ou de moins… ;-)

    Le pauvre chêne il a quand même bien souffert mais le plus curieux est à venir ;-)

    Je m’approche de la fente de cet l’arbre réputé comme étant le plus vieux chêne de France, il fait vraiment très sombre, la fente n’est pas large, je peux à peine passer la tête. Quand mes yeux se sont habitués à l’obscurité intérieure je n’en crois pas mes yeux, voilà ce que je vois :


    fente_bas_vierge


    Je me demande bien comment ils ont fait entrer cela par la fente de l’arbre et aussi comment ils ont monté ces superbes lambris ! Encore une photo que j’ai dû sérieusement post-traiter pour que l’on voit quelque chose. Vive les capteurs Sony qui en ont sous le pied et permettent de sauver des images qu’on aurait mises à la poubelle il y a quelques années.


    breche_basse


    Avouez que ce n’est pas large !

    Comme je suis curieuse de nature, je décide de monter l’escalier, arrivée en haut, à l’opposé de la fente du bas, il y a un palier et l’escalier repart vers le bas, je souris en me disant « C’est amusant cet escalier qui fait le tour de l’arbre ». Puis d’un seul coup je découvre avant de commencer à redescendre une autre brèche à hauteur du palier ! Celle-ci est un peu plus large. Et voilà encore une petite chapelle installée dans l’arbre :


    seconde_breche_etage


    C’est tout même surprenant et ce qui l’est plus encore c’est que cet arbre millénaire, même si il accuse son âge,  continue à vivre et à faire des feuilles !

    Sa hauteur est de 18 m et sa circonférence atteint les 15 m à 1 m du sol. La légende voudrait que le chêne ait été planté en 911 pour la naissance de la Normandie, mais les scientifiques pensent de nos jours que le chêne serait daté du IXème siècle. Probablement contemporain de Charlemagne, le chêne d’Allouville aurait vu défiler les troupes de Guillaume le Conquérant en marche vers l’Angleterre. Celui-ci deviendra duc de Normandie en 1035 et il aurait, selon la légende, fait halte à son pied.

    En vieillissant, l’arbre s’est creusé de l’intérieur, offrant en ses entrailles le petit mètre carré nécessaire pour une vie d’ascète.

    En 1696, la vierge eut son sanctuaire. Le chêne devint monument religieux.

    Les premières traces écrites datent de 1696. Cette année-là, l’abbé du Détroit, le curé de la paroisse, parvient à faire rentrer 40 enfants (à qui il avait promis obole), dans le tronc creux du chêne, et installe par la suite deux chapelles superposées dans les cavités du tronc. Il entend sanctifier le chêne en aménageant en bas une chapelle dédiée à Notre-Dame de la Paix, et au-dessus, la chapelle du Calvaire, appelée désormais Chambre de l’Ermite, pour son ami le père du Cerceau, qui y a installé sa cellule ermitale. Poète reconnu, ce dernier y écrit notamment un poème sur le chêne et l’épine d’Allouville, aujourd’hui disparue. La dédicace est donc faite en 1696 par l’abbé du Détroit. Une fois le père Du Cerceau parti, le chêne demeure sans locataire.

    Jadis entouré d’autres arbres, il a échappé à la destruction, notamment pendant la Terreur où les révolutionnaires veulent l’incendier en 1773 à cause de sa notoriété, et aux légendes prétendant qu’il possèderait des pouvoirs magiques. Il est sauvé par l’instituteur du village, Jean Baptiste Bonheure, qui le rebaptise « temple de la raison » en installant un écriteau à la place de l’ancien qui le condamnait.

    Témoin de ce retour en grâce, une statue de la vierge en bois doré fut offerte au chêne par l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. A la crainte des pilleurs de notre temps cette pièce est en sureté à la sacristie de l’église Saint-Quentin d’Allouville.

    En 1853, l’abbé Cholet profite d’une visite du préfet de la Seine-Inférieure pour lui demander de classer le chêne comme monument historique et restaurer le lambris de la chapelle. Le baron Le Roy offre 1 200 francs pour la restauration du chêne.

    Au XIXème siècle, le chêne d’Allouville-Bellefosse devient officiellement une curiosité et il fait l’objet de soins attentifs de la part des villageois. Ils tapissent l’intérieur des chapelles de lambris, recouvrent son tronc d’un manteau d’écailles de bois et aménagent un véritable escalier doté d’une balustrade pour en faciliter l’accès. En 1912, il est frappé par la foudre qui l’ampute de moitié ; il est depuis sans cesse ausculté, soigné et consolidé.

    Malgré son grand âge ce chêne pédonculé produit toujours des glands.

    Le site est classé monument historique en 1932.

    Un film intitulé « Le chêne d’Allouville » est sorti en 1981. Un long métrage de Serge Pénard qui raconte la mobilisation et la révolte des habitants du village pour sauver leur arbre menacé par un promoteur…

    Depuis plusieurs années, sa santé est devenue précaire. La visite de nombreux touristes n’a rien arrangé à son état :-(

    Je suis ravie, j’ai encore découvert quelque chose :-)

    Je redescends et comme il n’y a à ma connaissance rien d’autre à voir à Allouville, hop c’est reparti :-)

    La suite plus tard, direction la mer. ;-)


    Un petit plan tout de même pour vous situer ces deux lieux :

    Je venais d’aller voir l’abbaye de Jumièges, mais la distance n’est pas grande non plus depuis Rouen : 45km et 40 minutes environ entre Rouen et le chêne millénaire.


    carte routière pour situer Allouville par rapport à Rouen


    3 responses to “Le chateau de Bois Himont et le chêne millénaire d’Allouville”


    • pepite

      Je ne pense pas qu’il faille faire la route exprès mais si vous passez à côté, ça vaut le détour :-)


    • Maillard Pierre

      c’est extraordinaire, photo hors du commun ….félicitations.


    • pepite

      Merci Pierre :-)

      C’est vraiment un hasard que je sois tombée dessus en passant dans cette petite ville et de loin je n’aurai jamais pensé découvrir de telles surprises à l’intérieur de l’arbre.


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