• Une grande d’histoire : Kodak ou la nostalgie de la pellicule… et du super 8 !

    Kodak logo


    1888 Lancement de la marque Kodak et de l’appareil photo pour tous.

    A 34 ans George Eastman dépose son brevet pour les premières pellicules photo et lance sur le marché le premier appareil photographique de sa conception, sous la marque Kodak, terme qu’il créa pour la circonstance.
    Il cherchait un mot simple, frappant, prononçable en toutes les langues.

    La société a été fondée par George Eastman en 1881 sous le nom de Eastman Dry Plate Company. Concrétisation des recherches personnelles de George Eastman et son brevet pour une « Méthode et Appareillage pour la réalisation des Plaques à Émulsion » déposé en 1879, la société lance le film souple en 1885.

    Le nom « Kodak » apparaît pour la première fois en 1888 au lancement des premiers appareils photo à pellicule photographique et non plus à plaque.

    Le « Kodak » était un appareil portable à la main, très simple, chargé d’un rouleau de négatif papier pour 100 vues. L’utilisateur devait le renvoyer au fabricant après avoir épuisé ses 100 vues, et il le recevait en retour, chargé d’un nouveau rouleau de négatif et accompagné des tirages des photos précédentes.

    Le slogan resté célèbre était alors :
    « You press the button, we do the rest », « Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste ».

    Par cette initiative, il rend simple et accessible à tous un procédé auparavant encombrant et difficile à utiliser.

    Et savez-vous à quoi ressemblait cet appareil photo ?

    A ça !!! :

    kodak_1888


    Ça surprend de penser que ce « truc » était un appareil photo !

    On ne connaissait pas encore le slogan « Clic clac, Kodak ».

    Ces appareils permirent la démocratisation de la photographie, la « révolution Kodak » s’adressant aux photographes amateurs.

    Vers 1895, Charles Pathé a la révélation de sa destinée après avoir vu des projections des Frères Lumière à Paris. En 1897, il fonde la « Compagnie générale des cinématographes, phonographes et pellicules ». Charles Pathé entreprend en 1907 la construction d’une usine, rue des Vignerons à Vincennes. Doués d’un grand sens commercial, George Eastman et Charles Pathé étendent leur influence sur plusieurs continents.

    En 1927, leurs sociétés en France fusionnent : c’est la naissance de Kodak-Pathé.

    En 1898, Kodak commercialise l’appareil photo de poche pliant (à soufflet accordéon), le Folding Pocket Kodak et utilise un négatif de format 57 × 82 mm, qui restera la norme pendant des décennies.


    Folding-Pocket-Kodak

    Au milieu des années 1960, Kodak employait près de 80 000 personnes dans le monde.


    Alors que Kodak a mis au point la photo numérique dès 1975, la firme américaine a du mal à s’adapter au numérique lors de son expansion dans les années 2000 et subit la forte concurrence de marques étrangères, notamment européennes et japonaises.

    Le 10 janvier 1986, un juge de la Cour suprême des États-Unis ordonne à Kodak de cesser la fabrication et la commercialisation de ses appareils à développement instantané dans le cadre d’un affaire de contrefaçon de brevet opposant Eastman Kodak à Polaroid Corporation. Dès 2004, Kodak délaisse peu à peu son activité historique (production liée à la photographie argentique) pour se concentrer sur les technologies modernes : la photographie numérique et le cinéma numérique, sans grand succès.

    Début 2012, l’entreprise est menacée de faillite.

    On pouvait lire à l’époque :
    « Après la faillite, que reste-t-il de Kodak ?
    C’est même un véritable massacre. L’ex-géant de la photo, dont les boîtes de pellicule jaune et rouge étaient reconnaissables dans le monde entier, a raté le virage du numérique et ne s’en remettra jamais.
    Avant d’être placé, en janvier 2012, sous la « protection » de la loi sur les faillites, Eastman Kodak avait déjà fermé treize usines en huit ans, 130 laboratoires photo et réduit ses effectifs de 64 000 à 17 000 salariés. La saignée s’est poursuivie. Pour honorer une partie de ses dettes, le groupe s’est séparé en dix-huit mois de toutes ses activités grand public : la fabrication d’appareils photo, le site d’albums photos en ligne, le tirage de photos, etc.
    Rarement mauvaise appréciation d’un virage technologique n’aura coulé aussi rapidement un groupe aussi puissant.

    Signe de ses difficultés, l’entreprise ne comptait plus que 17 000 salariés au moment du dépôt de bilan, contre 64 000 une dizaine d’années plus tôt. Pour sortir de sa mauvaise situation financière, le groupe vend des brevets, notamment à Apple et Google, et change l’organisation de ses divisions.

    Fin avril 2013, le groupe espère sortir de faillite dans les mois qui suivent, avec un nouveau statut et un nouveau conseil d’administration.

    En septembre 2013, Kodak sort de la protection du chapitre 11. Par ailleurs, des films vendus sous la marque Kodak sont à nouveau commercialisés depuis fin 2013, grâce à Kodak Alaris, société créée après l’acquisition des droits par le Kodak Pension Plan britannique.

    Début 2014, la licence de la division photo de Kodak est rachetée par JKimaging, partenaire d’Asia Optical Co Inc. (groupe taïwanais, grand ODM/OEM d’appareils photos) qui présente ensuite le Pixpro S1 (je n’en ai jamais entendu parler), son premier hybride, qui adopte la monture du système Micro Four Thirds (Panasonic et Olympus), ce qui permet à la marque de rentrer sur le marché avec un parc optique important, mais il n’arrive pas à supplanter Olympus et Panasonic.


    Janvier 2017

    Kodak CMO dit que la société est en train d’examiner la relance des pellicules Kodachrome


    Kodachrome_25

    Pendant CES 2017, Kodak a annoncé qu’il avait rétabli la fabrication de la pellicule Ektachrome, interrompue en 2012. L’annonce a été bien accueillie, et était même le résultat d’une hausse des ventes de films professionnels, quelque chose qui a également incité Kodak vers un autre renouveau possible: Kodachrome. Le Président d’Eastman Kodak de la division Film grand public et le chef du bureau marketing  Steve Overman l’ont confirmé récemment.

    Lors du CES, et près de la fin de la discussion, ils ont mentionné la relance de l’Ektachrome. Ce sujet fait boule de neige et Overman a confirmé que Kodak pourrait remettre le Kodachrome sur le marché, mais que cela n’a pas été finalisé pour le moment.

    Overman travaille pour la société américaine Eastman Kodak, mais il semble  probable qu’il travaille avec la société britannique Kodak Alaris pour libérer une version de ce film aux marchés photographiques.

    Il a fallu moins d’efforts et de temps pour faire un film Ektachrome, ce qui est la raison pour laquelle il lui a été donné la priorité. Il continue à dire que «les gens aiment les produits du patrimoine de Kodak » et garde espoir.


    « Clic clac Kodak » et « Merci Kodak »

    Le coup de génie de la firme planétaire qui marqua son empreinte dans la culture collective se condensa en deux onomatopées et une rime (qui perdurent donc encore de nos jours dans la bouche des « VieuxConsSurannés » (je blague bien sûr) : clic clac Kodak. C’est simple, ça claque et ça reste en mémoire. C’est polyglotte, ça se réfère à un son mécanique; on est dans le génie de la formule. Du grand art.

    Clic clac Kodak nous vient de la réclame, art majeur des années surannées, (on ne disait pas « pub » en ces temps révolus) et plus précisément de « Clic clac, merci Kodak », une petite comptine chantée par les Surfs en 1967 dans une pub qui méritera sa place dans la liste des messages à caractère commercial surannés. Grâce à la puissance conjuguée du slogan et du rythme, clic clac Kodak allait devenir un hymne à l’immortalisation de la pose inspirée; dès lors, dès qu’ils laisseraient sortir le p’tit oiseau, des millions de photographes amateurs l’accompagneraient d’un clic clac Kodak.

    Merci Kodak ;-)


    Mise à jour 15 janvier 2017

    Vous vous souvenez des caméras du super 8 ? Et bien le nostalgique Kodak a décidé de ressortir une caméra super 8 !!!


    kodak_handson_super_8

    La nouvelle caméra Super 8 est une hybride de la très ancienne, et de nouveautés. En son cœur une cartouche de film 8 mm, pour un total de 50 pieds de long. Le nombre de minutes d’images que vous pouvez tirer dépend de la fréquence d’images que vous sélectionnez. La caméra Super 8 peut tirer en 18, 24, 25, ou 36 images par seconde.

    L’écran est un LCD de 3.5 pouces (non tactile) complètement orientable, son écran pivotant est certainement une énorme amélioration par rapport aux classiques caméras analogiques Super 8 du passé.


    kodak_handson_ecran

    Le principal contrôle de la caméra Super 8 est la «roue» circulaire, représenté ici sur le corps, face à l’écran ouvert. Il fonctionne un peu comme sur la deuxième génération d’iPod. Le bouton central fait apparaître un menu, et la roue tactile vous permet de naviguer dans les paramètres en faisant défiler.

    Bon nombre des caractéristiques qui auraient été gérés avec des commutateurs physiques dans le passé (comme la fréquence d’images) peut être réglé dans les menus de la caméra. En conséquence, le corps de l’appareil photo impressionne par son minimalisme au niveau des boutons. Attendez-vous donc à devoir passer tout le temps par les menus.

    A l’arrière du corps de la caméra : le bouton de mise en marche, un poussoir de verrouillage et la fente pour insérer une carte SD (dédiée uniquement au son) :


    kodak_handson_dos


    Franchement je la trouve laide en plus cette caméra et elle fait vraiment plastique, mais il en faut pour tous les goûts. La caméra Super 8 sera livrée avec un objectif fixe à mise au point manuelle Ricoh 6mm f/1.2 (à peu près équivalent à un 37mm f/7.4) mais la monture est compatible avec un grand nombre d’objectifs remontant à des décennies.

    Vous allez me dire c’est bien beau tout ça mais quels labos vont investir pour développer les films car on sait d’avance qu’à part les nostalgiques il y a quand même peu de personnes qui vont investir dans ce genre de boitiers… et bien c’est simple (enfin presque), alors que le film prend en charge les images, le son peut être enregistré sur une carte SD, via un microphone externe. Les cartouches doivent être envoyés par la poste à Kodak pour le développement, et le prix (à confirmer) incluront le développement du film, la numérisation et le téléchargement vers le cloud. Tiens, tiens ça me rappelle le premier appareil photo à pellicule créé par Kodak en 1888, pas vous ?

    Je vous promets que ce n’est pas une blague, nous ne sommes pas le premier avril, même si ça parait surréaliste, c’est bien réel !




    9 responses to “Une grande d’histoire : Kodak ou la nostalgie de la pellicule… et du super 8 !”


    • pepite

      Ahhhh nostalgie quand tu nous tiens… Kodak y croit ! On lui souhaite bonne chance et une bonne année 2017 même si moi je reste un peu septique.

      Avec tous les progrès qu’il y a eu depuis l’argentique je me demande vraiment si ils vont avoir assez de clients pour que ce soit rentable.


    • Corbes

      Le Kodachrome est un film qui a vraiment marqué l’histoire de la photographie en apportant pour la première fois un film couleur de haute qualité. Cette qualité, à mon avis jamais égalée, est du à sa structure originale : c’est un film comportant trois couches noir et blanc sensibilisées aux trois couleurs primaire (aidé en cela par une couche filtre jaune qui lui donne sa couleur caractéristique à l’état vierge. Après développement, las colorants sont alors ajoutés à chaque couche noir et blanc. On évite ainsi la granulation inévitable ajoutée par les pigments colorés présents dès l’origine dans les autres films couleurs. Le kidachrome a sensiblement la même granularité qu’un film noir et blanc de sensibilité correspondante.

      Le revers de cette idée géniale est la complexité du traitement du film qui ne peut être mené que dans des labos spécialisés, en nombre réduit (je crois qu’il n’y en avait que 2 en France : Sevran et Marseille), d’ou les délais allongés pour les photographes du fait des aller-retours postaux.

      Sa sensibilité n’a jamais pû être portée à plus de 200 ISO.

      Malheureusement, malgré ses qualités indéniables, il ne fait pas le poids devant les appareils numériques modernes qui le dépassent de loin.


    • pepite

      Tu as bien fait Corbes d’apporter ces compléments d’informations car effectivement le Kodachrome était une pellicule légendaire et une référence… à l’époque de l’argentique.


    • pepite

      Ça alors, Kodak persiste et annonce une caméra super 8 !!! Avec des films physiques, je vous ai donc mis l’article à jour. Si vous ne savez pas où vous pourrez faire développer vos films… lisez l’article ;-)


    • Corbes

      J’ajoute comme complément d’information concernant le Kodachrome, que sa sensibilité à l’origine était de…12 ISO ! il est ensuite passé à 25 ISO qui est la version la plus connue car, de loin, la meilleure. s’est ajouté par la suite le Kodachrome 64, malheureusement affecté d’une dominante magenta un peu gênante, puis, bien longtemps après, le Kodachrome 200 qui, à mon avis, n’était pas très convaincant.

      Mon âge m’a donné le privilège d’utiliser toutes les versions. j’utilisais le 12 avec une petite « Rétinette » Kodak, et j’aime mieux vous dire qu’il fallait vraiment de la lumière et que ça ne bouge pas trop pour avoir quelque chose de net !!!

      j’ai toujours privilégié le 25 qui était vraiment un film magnifique. Avec des optiques Leica, le résultat en terme de modelé et de rendu des couleurs était extraordinaire ! Je soupçonne Leitz d’avoir équilibré ses optiques en fonction de ce film…


    • Bruno

      C’est un peu retour vers le futur en plus compliqué.
      Ce projet de caméra plastique à du monopoliser du personnel (conception) « désign » par contre c’est moins sur, vu la mocheté du résultat.
      La question que nous sommes en droit de nous poser. mais à qui s’adresse ce produit made in kodak ?


    • Jojo

      Cet article, sur Kodak, me fait penser aux fameuses pub Kodak avec les trois gamines. Les pubs étaient de Jean-Paul Goude.


    • pepite

      Je me demande aussi quelles sont le personnes qui vont acheter cette caméra d’autant que les nouveaux films ne seront surement pas compatibles avec les anciens.

      Pour les pubs Kodak je ne les ai jamais vues mais je prends ça pour un compliments ;-)


    • stan

      Ou l’art de conjuguer le passé simple et le plus-que-parfait du numérique.
      C’est mon fidèle F1 Canon avec son 28 mm et son 200 macro qui sont joyeux. Prendre son temps et mériter sa photo… sans artefacts.
      :D


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